Six Poems In Two Languages

Xavier Jones
Eye of the Storm

Hold me in your arms
So that I never leave you again
I shall hold you likewise
Speak, for I cannot
Let me hear that gentle voice
That is your voice
I am still mute, so kiss me
And put words in my mouth
I imagine I shall agree without hesitation
Let this be done in the rain
For my eyes will inevitably speak
And better their words be muted and not seen

 


Le Pont

J’ai l’envie de m’asseoir sur les nuages
Je veux être guidé par le vent vers l’est
Car je ne peux pas marcher sur les eaux
Et il me faut rentrer tout de suite
Parce qu’il y a quelqu’un qui m’attend
Sur l’autre côté de l’océan
Que je tombe de ce pont comme la pluie
Et que j’atterisse dans ses bras comme la neige


 

Blue. Gray. Red. Purple

The sky becomes somber
And decrees a curfew with thunder
That lightning shall enforce
As the storm flogs the land
Anger fills the sky
And everything is exposed to fire
Nothing on earth shall be spared
Only the enveloping sapphire guards the calm
Sorrow and rage, behold our days
Why these unpleasant extremes?
Who chooses to endure this?
What gives them the will?
Simply observe the hands of a man
Able to sew words into books, but not fabric into a dress
As he gathers lilies in the fields
For her crown that is gold nonetheless


 

Le Show

Je retourne au pont
Voir bien loins dans le noir, impossible
C’est pas grave. La lumière arrive
Je reconnais son approche
Non par ses rayons, plutôt sa voix musicale
Dont le crescendo me rend impatient
Impatient de notre représentation à venir
Le programme inconnu par les artistes et leur auditoire
Peu importe, c’est notre duo, trompette et saxophone
Nos instruments se parlent, puis toi et moi
Je cède la parole pour mieux écouter ton solo
Sans avertir les yeux de la lumière de ton visage
Au matin on s’applaudira avec des sourires
Avant de quitter la scène
Tel est le show qu’on appelle
“Le pont entre la nuit et le jour”


 

L’Apparition

Des coups d’oeil j’apercois
Qui s’intéresse à moi?
Je me dis “Calme-toi, c’est n’importe quoi”
Pourtant, l’ignorer je ne peux pas
Elle existe à cause de sa curiosité
Ses coups d’oeil sont reciproqués
Déjà, on est en train de parler
Cette échange, personne n’anticipait
CARPE NOCTEM, l’ordre du soir
On obéirait à ce commandement
Parce qu’elle avait pris la parole d’abord
J’irais où ce soir?
On parlait de tout, et de rien
Qui était-elle?
Elle était où avant ce soir?
Peu importe, elle était là maintenant
On se baladait en cherchant du vin
Ayant le trouvé, on est rentré
La discussion continue
Moi joie est absolue
Un baiser sur le front, quel honneur
Conféré par cette femme de sagesse
Tout à fait! Elle était où l’année précédente?
Peu importe, l’importance était maintenant
On se reveille assez tôt
Je ne me hâte pas pour partir
J’avais l’envie de défier le soleil
Pour tenter de restaurer la nuit
On s’est dit “au revoir”
Je descends l’escalier et ouvre la porte
Exceptionnellement brillante, le soleil à cette heure
Voici le sale truc du matin

Dans ses rayons son visage s’effacait
Le bruit de la ville à l’assaut
Contre les souvenirs de nos discussions
Et de pire, contre sa voix
À peine je me souviens de ces morceaux
Tu était réelle! Je le sais!
Ce baiser me marque toujours
Tout ça n’était pas l’oeuvre d’une apparition


 

Gold. White. Blue. Black.

Wearing the gown of the golden rays
She makes my day
Let me stop the moon, hence prevent the eclipse
Of her face, the sun
The wind has the honor of carrying her
Across a room, or down a street
She is grace, merely clothed in clouds
I am silent as she passes
Wise and friendly, the marine maiden
Let me approach and wearily stand on the shore
Should I fall, please catch me
And let me float in the waves of your embrace
Here eyes and smile bright
These stars outline her dress
Unafraid I shall go into the unknown
For I know the woman is there


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Six Poems In Two Languages